Infirmiers à domicile en Belgique : le métier va changer

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Obligatoire depuis le 1er octobre 2017, la lecture de la carte d’identité du patient pose problème aux infirmiers à domicile. Cependant, ils ne sont pas au bout de leurs peines, car ils devront s’attendre à de profonds changements du secteur. Ce sont plus de 30.000 infirmiers à domicile qui seront concernés, ceux-ci travaillant sous le statut d’indépendants. Voici ce qu’il faut savoir sur les prochains changements du secteur.

Plus le temps de soigner

Les soucis des infirmiers à domicile belge ne sont pas seulement d’ordre financier. En effet, ils estiment que le fait de lire la carte d’identité du patient entraîne une réelle perte de temps qui est préjudiciable au patient. De plus, le lecteur de carte d’identité n’est pas vraiment au point sur le plan technologique, car il bloque tout le temps.

Si l’appareil ne fonctionne pas, l’infirmière ne pourra pas être payée ni enregistrer la prestation dans son logiciel de facturation IDEL. Autre complication notée : lorsque le patient doit bénéficier d’un forfait C avec deux visites par jour, le forfait risque d’être alloué à l’infirmière qui passe le matin. Du coup, si une autre infirmière doit passer le soir, la prestation doit être convenue entre les deux organes.

Ni informés ni mobilisés

On aura aujourd’hui l’impression que les infirmiers indépendants qui ont travaillé pendant plusieurs années de manière honnête sont en train de payer les dégâts des autres infirmiers fraudeurs. Ce qui est une situation qui ne les arrange pas d’autant plus qu’ils n’ont pas été informés de la réforme. D’ailleurs, un faible nombre d’infirmiers indépendants se sont affiliés à des associations professionnelles. Du coup, ils ne sont pas souvent au courant de ce qui se passe. À noter que seule une centaine d’entre eux ont pu assister aux réunions explicatives des différentes réformes.

La fraude existe quand même
Bien que ces nouvelles dispositions n’arrangent pas la profession d’infirmier indépendant dans son ensemble, il faut dire que le secteur connait plusieurs cas de fraude. En effet, certains infirmiers indépendants s’arrangent parfois pour gagner plus de 15.000 euros par mois. Par exemple, une toilette peut être payée 10 fois plus cher qu’une piqure. Certains se sont inventé des malades imaginaires avec la phrase désormais redondante : « si on vous le demande, dites que je suis passé ». Des pratiques frauduleuses que ces réformes envisagent de combattre avec plus d’efficacité.