On reçoit un avis de contravention de 5e classe et la première question qui vient, c’est le nombre de points en jeu. La réponse n’est pas unique : selon l’infraction commise, le retrait varie, et depuis fin 2025, certains comportements autrefois classés en 5e classe sont passés en délit. Le risque pour le permis de conduire a changé, et pas dans le bon sens.
Retrait de points pour une contravention de 5e classe : le barème réel
La contravention de 5e classe est la catégorie la plus sévère avant le délit. Sur le terrain, on constate que beaucoup de conducteurs imaginent un retrait fixe de 6 points pour toute infraction de cette classe. C’est faux.
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Le nombre de points retirés dépend strictement de la nature de l’infraction. Voici les principaux cas de figure encore classés en contravention de 5e classe :
- Utilisation d’un détecteur ou avertisseur de radar : retrait de 6 points sur le permis, avec confiscation possible de l’appareil et du véhicule.
- Usage d’un appareil tenu en main dans le champ de vision du conducteur (certaines situations aggravées) : jusqu’à 6 points retirés selon le contexte.
- Circulation en infraction sur une barrière de dégel : le retrait de points s’applique en complément de l’amende.
Le plafond reste 6 points par infraction unique. On ne peut pas perdre plus de 8 points en une seule fois, même en cas d’infractions multiples constatées simultanément.
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Grand excès de vitesse : ce n’est plus une contravention de 5e classe depuis fin 2025
C’est le changement le plus lourd pour les conducteurs. Jusqu’à récemment, un dépassement de 50 km/h ou plus au-dessus de la vitesse autorisée relevait de la contravention de 5e classe. Depuis le 29 décembre 2025, le grand excès de vitesse est requalifié en délit.
Concrètement, la différence change tout pour le permis de conduire. Le retrait reste de 6 points, mais les conséquences associées sont bien plus graves qu’avant :
- Amende forfaitaire délictuelle ou poursuites correctionnelles, avec peine d’emprisonnement possible.
- Inscription au casier judiciaire (ce qui n’arrive jamais pour une contravention).
- Suspension ou annulation du permis de conduire, confiscation du véhicule en peines complémentaires.
Beaucoup de conducteurs flashés à plus de 50 km/h au-dessus de la limite pensent encore s’en tirer avec une amende de 5e classe. On parle désormais d’un délit routier, avec un passage devant le tribunal correctionnel en cas de contestation ou de récidive.
Récidive de grand excès de vitesse : le risque d’annulation du permis
En récidive, la requalification en délit ouvre la porte à une annulation judiciaire du permis de conduire, et non plus une simple suspension administrative. La nuance est de taille : après une annulation, on repasse toutes les épreuves du permis, sans possibilité de récupération automatique des points.
Amende de 5e classe : montant et absence de forfait
Contrairement aux contraventions des quatre premières classes, il n’existe pas d’amende forfaitaire pour la 5e classe. Le montant est fixé par le tribunal de police, avec un plafond de 1 500 euros (3 000 euros en cas de récidive).
Sur le terrain, cette particularité surprend souvent. On ne reçoit pas un simple avis avec un montant à régler en ligne. La procédure passe par une convocation devant le tribunal de police, ce qui allonge les délais et complique la gestion du dossier.
Il n’y a ni amende minorée ni amende majorée au sens classique. Le juge dispose d’une marge pour fixer le montant en fonction des circonstances, du comportement du conducteur et de son casier.
Récupération de points après une contravention de 5e classe
Après un retrait de points lié à une contravention de 5e classe, la récupération automatique ne démarre qu’à une condition : aucune nouvelle infraction pendant un délai de 3 ans. Ce délai court à partir de la date du paiement de l’amende ou de l’exécution de la peine.
Trois ans sans la moindre infraction entraînant un retrait de points, c’est long. En pratique, un simple excès de vitesse de quelques km/h dans l’intervalle remet le compteur à zéro pour le délai de récupération.
Stage de récupération de points : une option à connaître
On peut aussi opter pour un stage volontaire de sensibilisation à la sécurité routière. Ce stage permet de récupérer jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond du permis. Le stage est réalisable une fois par an et n’efface pas l’infraction, il ne fait que recréditer des points.
Pour un conducteur en permis probatoire, la situation est encore plus tendue : le capital de départ est réduit, et une contravention de 5e classe peut suffire à invalider le permis si le solde tombe à zéro.

Contestation d’une contravention de 5e classe : délais et procédure
La contestation d’une contravention de 5e classe passe par une requête en exonération adressée à l’officier du ministère public, dans un délai de 45 jours à compter de la réception de l’avis. Passé ce délai, la contestation est irrecevable.
Le dossier est ensuite transmis au tribunal de police. On peut se défendre seul ou avec un avocat, mais la comparution reste obligatoire dans la plupart des cas. Les retours varient sur l’efficacité des contestations selon les juridictions, et les chances dépendent beaucoup de la qualité des preuves (photo radar exploitable, signalisation conforme, identification du conducteur).
Un point souvent négligé : contester ne suspend pas le retrait de points tant que la décision du tribunal n’est pas rendue. Le retrait est appliqué dès que la contravention est considérée comme définitive, sauf si le juge relaxe le conducteur.
La contravention de 5e classe reste le dernier palier avant le délit. Avec la requalification du grand excès de vitesse fin 2025, le périmètre de cette classe s’est resserré, mais les infractions qui y restent continuent de peser lourd sur le permis. Vérifier son solde de points avant toute démarche de contestation ou de stage reste la première chose à faire.

