En 1980, un chef d’État en exil décède dans une clinique militaire du Caire, loin de son pays natal. Son dossier médical révèle une succession de diagnostics, d’interventions chirurgicales et de traitements expérimentaux menés dans le plus grand secret.
Des médecins français, américains et égyptiens se sont succédé à son chevet, souvent en désaccord sur la conduite à tenir. Les enjeux politiques internationaux, les contraintes du secret d’État et la méfiance envers l’entourage ont marqué la prise en charge médicale de ce patient hors norme.
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Mohammad Reza Pahlavi, un règne entre modernisation et contestations
À la tête de la dynastie pahlavi, Mohammad Reza Pahlavi incarne un Iran du XXe siècle déchiré entre réformes ambitieuses et résistances tenaces. Lorsqu’il accède au trône en 1941, après l’abdication de Reza Chah, il hérite d’un pays secoué par l’occupation alliée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le nouveau souverain veut tout changer : économie, écoles, conditions des femmes, rien n’échappe à l’agenda modernisateur du Chah.
Mais à mesure que le pays s’ouvre, le pouvoir se concentre dans les mains du monarque. Le Majles, le parlement iranien, perd de sa voix. Les opposants, qu’ils soient du Front National de Mohammad Mossadegh ou issus de la sphère religieuse, subissent la surveillance de la SAVAK, police politique créée avec l’appui du CIA et du MI6. En 1963, la révolution blanche bouleverse la propriété agricole et l’organisation sociale, attisant la défiance de la société traditionnelle.
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Les crises ne manquent pas : la nationalisation du pétrole, le Coup d’État de 1953 orchestré avec le soutien des services occidentaux lors de l’Opération Ajax, la montée de la contestation islamiste. En 1978, le Vendredi Noir marque un tournant. Les rues de Téhéran grondent, la contestation gagne du terrain. Derrière les murs des palais, le Chah, entouré de l’Impératrice Farah et du Prince Héritier Reza Pahlavi, assiste à l’effondrement d’un régime. En quelques mois, la Révolution islamique de 1979 balaie le pouvoir impérial.

Maladie, exil et fin de vie : quelles circonstances ont entouré la mort du dernier Shah d’Iran ?
Le départ du Chah d’Iran se fait dans la précipitation et l’inquiétude, poussé hors de Téhéran par la Révolution islamique en janvier 1979. Il commence par trouver refuge au Maroc chez Hassan II, puis s’installe à Marrakech avant d’enchaîner les destinations. Voici les étapes de cette errance :
- Bahamas
- Mexique
- États-Unis
- Panama
- Égypte
À chaque fois, la santé du souverain décline un peu plus, émaillée de visites médicales et d’une méfiance croissante des gouvernements d’accueil.
Le dernier Shah d’Iran souffre d’une maladie de Waldenström, un cancer du système lymphatique aussi insidieux que rare. Les manifestations se multiplient : anémie, fièvre qui ne faiblit pas, fatigue profonde. À New York puis à Boston, les équipes médicales américaines optent pour des transfusions et lancent des traitements de chimiothérapie. Rien n’arrête la progression de la maladie. Entre chaque tentative, l’état du Chah alterne entre espoirs fragiles et rechutes nettes, tandis que la crise des otages de Téhéran complique chaque mouvement et chaque décision autour de lui.
Le couple impérial, entouré de l’Impératrice Farah et de leurs enfants, vit dans l’isolement, coupé de l’Iran, de ses réseaux, de tout avenir politique. En juillet 1980, Anouar el-Sadate autorise finalement le souverain à s’installer au Palais de Koubbeh, au Caire. L’équipe médicale égyptienne découvre à ce moment une infection généralisée. Après de longs mois de déclin, Mohammad Reza Pahlavi s’éteint le 27 juillet 1980. Les funérailles du Shah ont lieu à la Mosquée al-Rifai, devant les dignitaires égyptiens et quelques fidèles. L’errance a pris fin, mais c’est la maladie qui a eu le dernier mot, bien loin de l’Iran qu’il a tenté de transformer.

