La tenue balinaise homme se compose d’un kamen noué à la taille, d’un saput posé par-dessus, d’une chemise souvent blanche et d’un turban, l’udeng. Elle se porte aux cérémonies et au temple, où un visiteur doit au minimum couvrir ses jambes et ceindre sa taille.
Les pièces de la tenue balinaise masculine
Le kamen est un tissu rectangulaire enroulé autour des hanches et des jambes. Le mot sarong désigne la même pièce dans le langage courant, et c’est celui qu’emploient la plupart des guides de voyage.
Le saput, une seconde pièce de tissu, se noue par-dessus à hauteur de la taille. Au-dessus vient une chemise à col, généralement blanche, à manches courtes ou longues. La tête est coiffée de l’udeng.
Ces pièces ont aussi un sens : le kamen et le saput séparent les jambes du reste du corps, l’udeng sépare la tête du corps. L’homme habillé en tenue complète est ainsi divisé en trois parties symboliques, que la tradition rattache aux trois niveaux cosmiques (bhurloka, bhuwah et suarga).
Cette lecture explique pourquoi les pièces ne se mélangent pas au hasard. Chacune a sa place sur le corps, des pieds à la tête, et un ordre à respecter quand on s’habille.
Le kamen et le saput : nouer les tissus à la taille
Chez l’homme, le kamen se porte plus ample que chez la femme, dont le tissu est enroulé serré. Cette aisance laisse un pas libre, et le pan avant retombe avec un petit effet de drapé.
Le saput se place ensuite sur le kamen, à la taille. Il ne remplace pas le premier tissu : les deux pièces se portent l’une sur l’autre, la plus courte au-dessus.

La chemise se porte à l’extérieur, sur le tissu noué. Pour une fête ou un mariage, un costume de type safari peut la remplacer.
L’udeng, le turban noué des hommes balinais
L’udeng est un carré de tissu, en coton ou en soie, noué au centre du front. Le pli de droite est placé plus haut que celui de gauche, et le bord droit tourné vers le haut est dirigé vers l’avant.
Chaque détail a une signification. Le pli de droite plus haut représente le bien (dharma) au-dessus du mal (adharma), et le noeud central marque le point où se concentre l’esprit. Pour les cheveux longs, le turban remplit aussi un rôle pratique, et la page sur l’entretien des cheveux longs chez l’homme aide à les garder en ordre dessous.
Les plis ont une lecture religieuse : le bord droit renvoie à Vishnu, le bord gauche à Brahma et le bord retombant à Shiva, les trois divinités de la Tri Murti. Le noeud central est aussi associé à l’équilibre entre l’esprit, le corps et l’âme, selon la philosophie du Tri Hita Karana.
Il existe des modèles prénoués : ils s’enfilent sans plier le tissu à la main, ce qui facilite la vie d’un visiteur qui veut s’essayer à la coiffe.
Couleurs et motifs selon la cérémonie
Le blanc uni s’associe aux rites religieux et symbolise la pureté. Un udeng blanc se voit à Galungan, à Kuningan et aux odalan, les anniversaires de temple.
Les tissus à motifs de batik ou de dessins balinais servent aux événements traditionnels, aux mariages et à la vie courante. Pour les mariages et les fêtes locales, les teintes foncées comme le marron, le violet ou le rouge sont courantes, alors que le noir est réservé aux funérailles. L’udeng suit la même logique : blanc pour le temple, batik pour les réunions et les fêtes, noir pour le deuil.
Les musiciens de gamelan, les danseurs et certains adolescents portent aussi des udeng rouges ou de couleurs vives. La couleur indique donc l’occasion, pas le rang.
Ce code diffère des couleurs des costumes masculins occidentaux, où la saison dicte les teintes plutôt que le rite.
La tenue exigée d’un visiteur dans un temple
Un visiteur n’a pas à porter la tenue complète. Il doit surtout couvrir ses jambes avec un sarong et le serrer d’une ceinture, et garder les épaules couvertes.
L’udeng reste facultatif pour un étranger. Beaucoup de temples prêtent ou louent des sarongs près de leur entrée, mais un sarong personnel évite d’attendre.

Pour le reste du voyage, une garde-robe légère pour un séjour à Bali se complète bien d’une chemise à col blanche, utile à la fois en ville et au temple.
Où et quand les Balinais portent cette tenue aujourd’hui
Ce n’est pas un costume de folklore. Les Balinais la portent à Galungan, à Kuningan, aux odalan, aux mariages et aux limages de dents, c’est-à-dire aux moments où l’hindouisme balinais rythme la vie du village.
L’udeng reste d’usage courant : à Bali, un homme n’est pas considéré comme pleinement habillé sans lui. Un voyageur qui connaît le nom des pièces comprend mieux ce qu’il voit passer sur la route d’un temple.

